Le handicap n’est ni une maladie, ni une affaire privée.
« Les hommes naissent libres et égaux en droits », écrivaient les révolutionnaires de 1789.
Aujourd’hui, nous supprimons le vote « assis-debout », un mode de scrutin excluant celles et ceux qui ne peuvent se lever.
Une mesure si évidente qu’on se demande pourquoi il a fallu attendre 2025 pour en débattre. Nous la soutenons et profitons de cette rare occasion pour dénoncer la relégation croissante des personnes en situation de handicap et le fossé grandissant entre « inclus » et « exclus ».
La France est régulièrement épinglée par l’ONU pour ses manquements en matière d’accessibilité, d’éducation et d’intégration sociale. Le handicap reste la première cause de réclamations pour discrimination auprès de la Défenseure des droits. Pourtant, face à ces constats accablants, aucune volonté politique réelle d’assurer une inclusion effective.
Voir la vidéo sur YouTube : « Le handicap n’est ni une maladie, ni une affaire privée ! »
Alors que les textes internationaux nous rappellent que le handicap n’est pas une caractéristique individuelle, mais est provoqué par l’inadaptation de l’environnement, notre société continue d’exclure les citoyens vivant avec un handicap.
Aller à l’école, se former, travailler, se loger, se soigner, se déplacer, vivre dignement : autant de droits encore inaccessibles pour trop de nos concitoyens. Autant d’étapes de la vie rendues pénibles par l’inaction des gouvernements successifs.
L’austérité et la destruction des services publics aggravent ces inégalités.
Le mandat d’Emmanuel Macron enferme le handicap dans une vision caritative et médicale, évitant ainsi de remettre en cause les injustices structurelles de notre société.
Pourtant, la France, septième puissance économique mondiale, a les moyens d’une politique ambitieuse. La loi de 2005 a été affaiblie, la loi Elan a limité à 20 % la part des logements accessibles. Plus de la moitié des bâtiments restent inadaptés, faute de sanctions. L’allocation adulte handicapé demeure sous le seuil de pauvreté. Quant à l’école inclusive, on commencera à y croire le jour où le salaire moyen des AESH sera porté au-dessus du seuil de précarité.
Le handicap n’est ni une maladie, ni une affaire privée. Il est temps de reconnaître que l’inclusion de toutes et tous est l’affaire de chacun.
Si cette résolution est un pas nécessaire, nous savons qu’elle se fait dans un paysage de validisme systémique. Nous demandons l’adaptation de tous les services publics, procédures et documents à tous les types de handicap, 100% de logements accessibles dans le neuf, la reconnaissance du statut d’aidant familial, une vraie politique d’emploi inclusif… Je le redis avec fermeté : changer le mode de scrutin n’absout personne dans cette assemblée d’y voter par ailleurs les pires atteintes aux garanties de l’égalité, les coupes dans nos systèmes de santé et les plus drastiques des cures d’austérité.
