Aller au contenu
Thomas Portes
Actualités

Retraites : la victoire est à notre portée

Partout à travers le monde, la colère des françaises et des français s’est faite entendre.

En cela nous pouvons être fiers, car notre lutte, qui dépasse désormais la réforme des retraites, allume des lueurs d’espoir dans le cœur des peuples qui partout, sont soumis au fléau capitaliste et à la folie de ses dirigeants. L’histoire de notre pays n’y est pas pour rien. La France porte en elle l’échos de grandes victoires populaires, et une soif de justice que les castes dirigeantes, quoi quelles fassent, n’arrivent pas à éteindre. Quoiqu’il advienne demain, nous venons de marquer l’histoire. Si 1995 est dans notre mémoire collective, 2023 sera dans celle des générations futures.

Rallonger la durée du temps de travail, quelque soit la difficulté de la tâche pratiquée. Voler deux ans de vie à celles et ceux qui, malgré les crises successives, tiennent le pays debout par leur travail. Emmanuel Macron et son petit monde se sont naïvement convaincus que malgré quelques réticents à la peau dure, leur projet mortifère passerait sans peine.Mais c’était bien mal connaitre notre peuple et son histoire. C’était une erreur de penser pouvoir soumettre ces femmes et ces hommes à son projet productiviste et déshumanisé sans trouver sur son chemin une farouche résistance. Il est désormais coincé devant le mur de l’unité, syndicale et populaire, qu’il se trouve bien incapable de briser. Tandis qu’il abreuve indécemment de richesses une petite part de la population, il durcit et abîme les conditions d’existence de millions de personnes.

Ces derniers mois, nous avons su rappeler au petit père des privilégiés qu’il ne pouvait plus décider tout seul. En cela, cette séquence est une réussite monumentale pour le camp des travailleurs, n’en déplaisent à celles et ceux qui sur tous les plateaux TV ont assuré la mort rapide du mouvement social, parfois même avant qu’il ne commence. Une succession d’éditorialistes au service du capital prêts à tout pour nous servir la soupe des puissants, déblatérant inepties et contrevérités à longueur de journée. Mais ça ne prend plus. Car encore aujourd’hui et après des mois de mobilisation, 70% des sondés rejettent la réforme, le chiffre grimpant à 93% chez les actifs. Et cela malgré l’organisation du rouleau compresseur ultralibéral qui, à travers ses outils médiatiques et politiques, a massivement mis en place les traditionnels rouages pour vendre la réforme, et décrédibiliser les grévistes, les manifestants, et les opposants politiques. Finalement, et c’est une sacrée victoire, le grand récit des dominants n’a pas tenu. La preuve en est que nous avons la force de les mettre en échec. 

A l’Assemblée d’abord, la bataille que nous avons mené avec l’intergroupe de la NUPES a été d’une efficacité redoutable dans l’entreprise de démontrer au grand jour l’injustice et l’inutilité de la réforme. Chaque argument a été méticuleusement décortiqué. Une réforme plus juste pour les femmes ? Faux. 1 200 euros de retraite pour tout le monde ? Faux. Un système en faillite ? Faux. Chacun de leur mensonge s’est lamentablement échoué. La bataille s’est parallèlement menée dans la rue, poussée par la colère populaire, jusqu’à cette fameuse prise de parole d’Emmanuel Macron, dédaigneux et seul contre tous, qui a fini de mettre le feu aux poudres. Le lendemain, les cortèges étaient pleins à craquer, et les mots méprisants du président des riches étaient dans l’esprit de chacune et chacun d’entre nous. On notera qu’il s’est replongé depuis dans un silence qui en dit long, allant jusqu’à devoir annuler la plupartde ses déplacements.

Tel le dirigeant autoritaire et solitaire qu’il est, Macron s’est offert une tournée internationale pour s’éloigner du brouhaha français, préférant envoyer sur le terrain ses fidèles soldats. Une Elisabeth Borne intransigeante défendant un projet vide de sens contre vents et marées, et Darmanin, bras armé de l’Etat, traitant les opposants de terroristes tandis que sa police commet d’inacceptables brutalités.

L’écho de la violence d’Etat a fait le tour du monde. Du New York Time à El Païs, del’ONU au Conseil de l’Europe, journaux étrangers et instances internationales ont tous fait part de leur inquiétude face à la dureté d’un chef d’Etat qui a plus des airs de PDG que de président. Refus de laisser les députés, représentants de la nation, voter le texte, en dégainant un énième 49.3, sourd à la revendication sociale qui s’exprime à travers la rue, Macron a laissé à Darmanin le rôle du bourreau. Charge à lui de faire accepter la réforme à coups de matraques. Le gouvernement ne tient plus que par la répression violente. 

L’exemple le plus frappant est le déploiement de la BRAV-M, unité violente et mal formée, qui sème la terreur dans les rues de Paris. Arrestations abusives, matraquage, menaces, intimidations, propos racistes et sexistes, la BRAV-M sème la terreur dans les rues de Paris la nuit, et reçoit les louanges du ministre Darmanin la journée. Et les soldats macronistes sont si craintifs qu’ils sont allés jusqu’à se mobiliser pour enterrer la pétition signée par 270 000 personnes, qui aurait permis de faire se tenir un débat sur la dissolution de la BRAV. Un débat. Voilà ce qu’ils ont tant tenu à empêcher. Voilà de quoi ils ont si peur. Car avec eux, tout débat est vain. Tout ceux qui n’acceptent pas l’ordre établi sont anti républicain, une partie de la gauche est quant à elle, taxée de terroriste. Les mots n’ont plus aucun sens intellectuel,balancés dans les matinales, repris en boucle toute la journée. Nous assistons à une mascarade sans précédent, fomentée par un pouvoir à bout de souffle dont la crédibilité est totalement remise en question. S’en prendre aussi violemment aux oppositions et museler toute contestation sont des signes d’une démocratie malade qu’il faut de toute urgence renouveler. En cela, une grande remise à plat de nos institutions est nécessaire et urgente. Le peuple aspire plus que jamais à participer concrètement à la vie politique, et aujourd’hui, il n’y trouve pas son compte. 

Dans cet océan de violence d’Etat, un organisateur en chef se dégage. Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin. Pour la première fois depuis Pétain, et le gouvernement de Vichy, un membre du gouvernement s’attaque à Ligue des Droits de l’Homme, exprimant à haute voix une possible remise en cause de sa subvention. Mais qui peut être surpris de cela, de la part d’un ministre qui puise ses références historiques chez Jacques Bainville, figure de l’action française, mouvement d’extrême droite ? Gérald Darmanin reprend un à un les poncifs de l’extrême droite. Une à une les digues sautent. Il y a comme une impression de déjà vu et cela ressemble à un lancement de campagne sur le modèle de Nicolas Sarkozy. 

Notre riposte doit être totale. Idéologiquement, mais aussi sur le terrain, pour faire reculer les idées d’extrême droite qui ne cessent de proliférer avec une macronie qui n’est pas un barrage mais un marchepied sans équivalent dans le pays. 

Nous allons gagner ! 

En cette veille de semaine où le conseil constitutionnel va rendre sa décision, il nous faut intensifier le mouvement. Arracher la victoire, voilà notre objectif. La protection de nos retraites est la mère de toutes les batailles. Car le droit au repos, après une vie de labeur, c’est une manière de concevoir la vie en société qui nous concerne tous. S’attaquer à nos conquit sociaux, fierté de notre peuple, c’est s’en prendre à chacune et à chacun d’entre nous. La perspective d’un effondrement de l’ordre établi, et d’un renouveau démocratique est à portéede main. Rien ne nous a jamais été offert sur un plateau. Tout a toujours été arraché par la lutte. Il faut tenir.

Bandeau d’annonce d’une note de blog sur les retraites, avec son portrait en écharpe tricolore et l’adresse du site.
Rubrique et format

Publiée sur Blog de Thomas Portes