Veille et sécurité sanitaire en matière de lutte contre la covid-19 — Motion de rejet préalable
Prise de parole en séance publique, deuxième séance du lundi 11 juillet 2022 : Veille et sécurité sanitaire en matière de lutte contre la covid-19 › Motion de rejet préalable.
Le relevé d’archive
Séance publique, deuxième séance du lundi 11 juillet 2022, sur « Veille et sécurité sanitaire en matière de lutte contre la covid-19 › Motion de rejet préalable ».
Prise de parole
Nous voici face à un nouveau texte consacré à la covid-19. Vous l’avez souligné vous-même : il s’agit du treizième. Or, une nouvelle fois, vous passez à côté de l’enjeu essentiel : quelle politique de santé publique voulez-vous pour la France, vous qui avez supprimé des milliers de lits pendant la crise sanitaire ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Comme l’a souligné ma collègue Garrido, ce texte ne devrait même pas être examiné par l’Assemblée, tant il échoue à répondre à la situation actuelle et évacue la question des moyens alloués à l’hôpital public. Passe sanitaire, passe vaccinal, collecte de données : vous n’avez que ces mots à la bouche. Vous avez même eu le déshonneur de parler de « cotons-tiges », quand des gens meurent en France parce qu’ils n’ont pas de masques ! (Mêmes mouvements.)
Contrôler, contrôler, contrôler : nous sommes loin de la stratégie « tester, protéger, isoler » qu’Emmanuel Macron avait mise en avant lors de son premier passage à l’Élysée. C’est toujours la même logique qui s’applique : contrôler, contrôler. Évidemment, une telle stratégie demande des moyens humains et financiers. Mais sur ce point, vous êtes aux abonnés absents.
Monsieur le ministre, notre groupe vous pose de nouveau la question : quelle politique publique de santé comptez-vous appliquer pour affronter la prochaine vague et toutes les autres épidémies ? Quels moyens comptez-vous consacrer à l’hôpital public, alors même que 120 services d’urgence sont à l’arrêt ou tournent au ralenti et que, la semaine dernière, une femme est décédée à Toulouse pour avoir été prise en charge avec retard au CHU – centre hospitalier universitaire ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Alors que le pouvoir d’achat des Français ne cesse d’être attaqué – vous continuez d’ailleurs dans cette voie –, vous refusez toujours la gratuité des tests et des masques ! (Mêmes mouvements.)
Pour un foyer modeste de cinq personnes, ils représentent un coût de près de 220 euros par mois. Personne, dans ce pays, ne devrait avoir à choisir entre se protéger ou se nourrir. Pourtant, vous imposez ce choix ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous réussissez l’exploit de ne pas employer les mots « soignants » ni « hôpitaux » dans les deux articles de votre projet de loi initial, alors même qu’ils devraient être au cœur de votre stratégie.
Pour toutes ces raisons, et parce que ce texte est une honte pour les soignants, notre groupe votera pour cette motion de rejet préalable. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – Mme Caroline Fiat se lève et applaudit.)
Compte rendu intégral de la séance sur le site de l'Assemblée nationale.