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Thomas Portes

Prise de parole en séance

Article 1er (suite)

Date de l’acte

Consulter le document officiel à l’Assemblée nationale

Prise de parole en séance publique, troisième séance du mardi 07 février 2023 : Article 1er (suite).

Le relevé d’archive

Séance publique, troisième séance du mardi 07 février 2023, sur « Article 1er (suite) ».

Prise de parole

Vous l’aurez compris, nous proposons de maintenir le régime spécial de la RATP. Depuis le début de l’examen du texte dans l’hémicycle, vous n’avez que ces mots à la bouche : « justice, équité et égalité ». Mais à quelle justice correspond la suppression du régime spécial de la RATP ?

Faire travailler deux ans de plus les salariés de la RATP améliorera-t-il le sort des conducteurs de bus de Toulouse, d’Orléans ou de Tours ?

Non, évidemment, mais cela vous importe peu, messieurs les membres du Gouvernement ! Votre projet, c’est la régression sociale pour tous. Vous l’avez rappelé avec beaucoup de sincérité lorsque vous avez parlé de la réforme de la SNCF, monsieur Attal ; vous êtes ici en service commandé pour vous payer les régimes spéciaux, qui représentent tout ce que vous détestez : l’intérêt général, la solidarité et le service public. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

En quoi est-il juste d’attaquer un régime spécial qui permet à des salariés de partir plus tôt, eu égard à la pénibilité de leurs conditions de travail ? En quoi est-il juste de voler deux ans de vie à des femmes et à des hommes qui travaillent en horaires décalés, en trois-huit, les week-ends et les jours fériés, tout en gérant le stress et la circulation des usagers ?

En quoi est-il juste de sacrifier des salariés, alors même qu’au moment du départ à la retraite, un salarié de la RATP sur cinq est déjà en inaptitude ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) En rien, évidemment et vous le savez, monsieur le ministre délégué.

Rien ne justifie cette suppression. Les propos que vous avez tenus hier, à la tribune, qualifiant les salariés de la RATP de privilégiés et les montrant du doigt, sont indignes d’un ministre de la République ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.) Vous présentez ces salariés comme des privilégiés, mais qui sont les privilégiés dans ce pays ? Beaucoup l’ont rappelé ici et L’Humanité – un très bon journal – l’a rappelé aujourd’hui : les patrons du CAC40, qui se gavent et accumulent des sommes astronomiques, ne produisent rien, spéculent et sont de véritables parasites ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Alain David applaudit également.)

Avec cette réforme, monsieur le ministre délégué, vous voulez enterrer les Français, mais ce sont eux qui vont enterrer votre réforme dont personne ne veut ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)

Compte rendu intégral de la séance sur le site de l'Assemblée nationale.