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Thomas Portes

Prise de parole en séance

Projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 — Article 1er (suite)

Date de l’acte

Consulter le document officiel à l’Assemblée nationale

Prise de parole en séance publique, deuxième séance du mercredi 08 février 2023 : Projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 › Première partie (suite) › Article 1er (suite).

Le relevé d’archive

Séance publique, deuxième séance du mercredi 08 février 2023, sur « Projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 › Première partie (suite) › Article 1er (suite) ».

Prise de parole

Il vise à maintenir le régime spécial des industries gazières et électriques. Après la RATP, vous vous attaquez encore une fois au service public. Afin de justifier l’injustifiable, vous ne cessez de parler d’équilibre financier et de réduction du déficit. Mes collègues l’ont rappelé : ce régime pionnier est vertueux, il a reversé au régime général un excédent de 120 millions d’euros l’année dernière et a contribué à hauteur de 1,6 milliard entre 2005 et 2020. Ce régime est solidaire et excédentaire – des mots que vous détestez. (M. Antoine Léaument applaudit.)

Il n’y a aucune raison de supprimer ce régime spécial, comme celui de la RATP, si ce n’est la politique de classe que vous menez. Pour comprendre votre objectif, il faut lire l’exposé des motifs de ce texte : comme pour la SNCF en 2018 et comme pour la RATP, il y est question d’ouverture à la concurrence. Vous utilisez cette réforme pour vous attaquer au service public et préparer sa marchandisation. Quelle reconnaissance pour les agents qui interviennent jour et nuit, quelles que soient les conditions climatiques, pour aider les usagers en détresse ! Pour les saluer sur les plateaux télévisés, vous êtes nombreux ! Vous vous apprêtez pourtant à les sacrifier dans l’hémicycle en votant une réforme très dangereuse. Ce régime-là ne doit pas être sacrifié, il doit au contraire être pris pour exemple.

Depuis des semaines, les salariés des industries électriques et gazières sont mobilisés, comme l’ensemble du pays, contre votre réforme. Je leur dis ici toute ma solidarité. Votre mépris à leur égard et la remise en cause permanente du droit de grève sont inacceptables. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.) Oui, vous incarnez un camp, même si vous ne voulez pas l’entendre : celui du capital, de la bourgeoisie et de l’exploitation ! (Protestations sur quelques bancs du groupe RE.)

Ne l’oublions pas : un député de votre majorité a dit dans cet hémicycle que les SDF dormaient dans la rue par choix.

Collègues lobbyistes, ne vous plaignez pas. Quelques heures dans le noir vous feraient peut-être du bien pour retrouver la lumière et retirer cette réforme. N’oublions jamais vos propos : non, les SDF ne dorment pas dans la rue par choix.

Vous êtes le camp du capital, des exploitants et de la bourgeoisie ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES.)

Compte rendu intégral de la séance sur le site de l'Assemblée nationale.