Questions au Gouvernement — Situation au Proche-Orient
Prise de parole en séance publique, première séance du mardi 22 octobre 2024 : Questions au Gouvernement › Situation au Proche-Orient.
Le relevé d’archive
Séance publique, première séance du mardi 22 octobre 2024, sur « Questions au Gouvernement › Situation au Proche-Orient ».
Prise de parole
Nos yeux ne savent plus où se tourner. Vers le Liban, où les crimes de guerre israéliens se multiplient ? Vers la Cisjordanie, où l’on peut mourir en allant cueillir des olives ? Vers Gaza, où le génocide continue ? Depuis seize jours, la ville de Jabalia est assiégée par l’armée israélienne ; 400 000 personnes y sont privées d’eau, de nourriture et d’accès aux soins. Les écoles sont bombardées, les hôpitaux incendiés, des corps calcinés et déchiquetés jonchent les rues. Une odeur de mort règne sur le nord de Gaza. L’enfer déclenché à Jabalia s’inscrit dans une stratégie génocidaire du gouvernement israélien. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. François Cormier-Bouligeon s’exclame.)
Qui peut encore croire à la fable d’une guerre défensive menée par Israël contre le Hamas ou le Hezbollah ? L’assassinat de leurs chefs n’a pas arrêté Netanyahou ni sa folie meurtrière. Bombardements aveugles, tirs de snipers sur les civils, blocus alimentaire : les semeurs de mort continuent leur besogne. Être déplacés de force ou mourir sous les balles israéliennes, voilà le seul horizon offert aux Palestiniennes et aux Palestiniens depuis plusieurs mois. De Gaza à Jabalia, de Rafah à Khan Younès, nous sommes témoins de la mise à mort délibérée d’un peuple. L’ONU nous alerte : jamais depuis 1945, une population n’a été réduite à la faim si rapidement et si complètement, comme l’ont été les 2,3 millions de Palestiniens vivant à Gaza.
La légitimation d’un tel degré de barbarie devrait inquiéter le monde. Jusqu’où la France s’enfoncera-t-elle dans la complicité face au premier génocide filmé en direct à la télévision ? ( M. François Cormier-Bouligeon s’exclame de nouveau.)
Ce n’est pas une guerre, c’est un génocide ! Le peuple français vous le crie depuis des mois. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Plutôt que de s’attaquer à la rapporteure spéciale de l’ONU, Francesca Albanese, dont je salue le travail, la France doit proposer des actes concrets pour mettre le gouvernement israélien et son armée hors d’état de nuire. L’histoire vous jugera, monsieur le Premier ministre, et personne ne pourra dire : je ne savais pas. Quelles actions concrètes allez-vous prendre pour faire cesser le génocide en cours à Gaza ? (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)
Compte rendu intégral de la séance sur le site de l'Assemblée nationale.