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Thomas Portes

Prise de parole en séance

Entrisme islamiste : comment protéger les institutions républicaines et prévenir la radicalisation des jeunes générations ?

Date de l’acte

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Prise de parole en séance publique, deuxième séance du mardi 06 janvier 2026 : Entrisme islamiste : comment protéger les institutions républicaines et prévenir la radicalisation des jeunes générations ?.

Le relevé d’archive

Séance publique, deuxième séance du mardi 06 janvier 2026, sur « Entrisme islamiste : comment protéger les institutions républicaines et prévenir la radicalisation des jeunes générations ? ».

Prise de parole

Je dois dire que je suis assez circonspect face au débat de ce soir. À peine vingt-quatre heures de reprise parlementaire, et déjà la question de la stigmatisation et de la haine des musulmans s’invite à nouveau à l’Assemblée nationale !

Je rappelle qu’au moment où nous discutons, dans notre pays, des millions de personnes font la queue devant les banques alimentaires, des dizaines de millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté et huit personnes sont décédées dans la rue entre Noël 2025 et le jour de l’an 2026. Pourtant, l’agenda politique remet au cœur des débats la haine des musulmans.

Après les débats sur le voile, sur le séparatisme et sur la nourriture halal, après le pseudo-rapport sur les Frères musulmans, après les propositions visant à interdire le jeûne pour les mineurs, voici le débat sur l’entrisme islamiste.

Derrière les mots, les attaques, les polémiques, les stigmatisations, un seul objectif : faire avancer un agenda raciste, aux conséquences concrètes. Au cours de la seule année 2025, les actes antimusulmans ont augmenté de 75 % – certains l’ont payé de leur vie.

Gouvernement après gouvernement, le terme d’entrisme islamiste s’impose dans le débat public comme une arme politique. Ce terme, martelé à l’infini sans définition juridique, sans cadre clair, sans fondement sérieux, ne sert qu’à une chose : criminaliser l’islam et entretenir volontairement – on le voit ce soir – une confusion entre islam, islamisme et terrorisme.

L’obsession islamophobe s’est traduite par la loi « séparatisme », qui a entraîné la dissolution d’associations musulmanes ou antiracistes, des fermetures administratives arbitraires et une surveillance généralisée.

Tout devient prétexte à crier à l’entrisme. Des jeunes femmes voilées assistent à un débat à l’Assemblée ? Entrisme. Elles pratiquent le sport avec un foulard ? Entrisme. Elles vont à la mer ou à la piscine ? Entrisme. Jusqu’au cœur de la RATP, la chasse aux musulmans est aujourd’hui menée. Le climat islamophobe est permanent dans le pays.

Monsieur le ministre, vous avez dénoncé le fait d’être qualifié d’islamophobe. Mais cessez d’avoir une politique islamophobe ! Le seul danger qui menace le pays aujourd’hui, c’est l’entrisme de l’extrême droite au cœur de ce gouvernement.

Compte rendu intégral de la séance sur le site de l'Assemblée nationale.