L’heure du partage des richesses est arrivée !
Le dernier rapport de Oxfam France, réalisé sur les 100 plus grosses entreprises françaises, étudiant les écarts de salaires entre le patronat et le salariat, est accablant.
Sans surprise, il y a un creusement sans commune mesure entre les salaires. En 10 ans, les patrons ont vu leur salaire augmenter de 66%, les salariés de 21%, et le SMIC de 14%, un fossé peu surprenant étant donné l’impact violent de la succession des politiques néolibérales qui ne profitent jamais aux travailleurs, mais toujours à ceux qui les exploitent.
Alors qu’il détricote depuis six ans les services publics, qu’il déverse des millions et des millions d’argent public aux multinationales, qu’il réduit à néant les aides sociales, Emmanuel Macron s’est dit hier « choqué » par ces écarts de salaires. Les mots n’ont plus aucun sens politique lorsqu’ils sortent de la bouche des macronistes. C’est le comble de jouer la surprise pour celui dont la politique pro patronale fait des ravages chez les plus fragiles, et qui est en première place sur le podium des responsables de cette ultra concentration de richesse.
Notre pays ne permet plus une juste rémunération du travail. Les 1% les plus riches ont capté près des deux tiers de toutes les nouvelles richesses du monde, et en France, les 42 milliardaires français ont vu leur fortune augmenter de 58% en deux ans. En parallèle de cette bulle en dehors de la réalité où vivent une petite poignée de privilégiés, la masse abandonnée par l’Etat capitaliste se noient dans une inflation galopante, des salaires trop bas, des aides rongées, et une vie dont la dureté devient insupportable. Les files d’attentes devant les associations d’aide alimentaire s’allongent, les loisirs auxquels pouvaient encore prétendre certains disparaissent dans les calculs comptables des fins de mois difficiles, les courses se rarifient face à l’explosion des produits du quotidien, la vie se mue en survie pour beaucoup, dans l’indifférence froide de la classe dominante.
Pourtant, on s’en souvient toutes et tous, Macron avait parlé de ces essentiels à la société alors que tout était à l’arrêt pendant le COVID. Il avait longuement et avec le ton mielleux qu’on lui connait, parlé des infirmières, des caissières, des éboueurs, des travailleurs sociaux, des aides-soignantes, si mal payés, si peu considérés… Le COVID a mis en lumière cette réalité, celle d’une société rongée par la course aux profits qui payent si mal celles et ceux qui font réellement tenir un pays au quotidien. Aujourd’hui, ce sont toujours les mêmes qui tiennent debout notre pays. Leur salaire n’augmente pas, mais celui de leurpatron explose, et la majeure partie de la richesse qu’ils produisent est vampirisée par le versement des dividendes à des actionnaires dont l’utilité reste à prouver.
Alors que les salariés de Monoprix organisent chaque samedi depuis plus de 2 ans des actions devant leur magasin pour exprimer leur colère et leur revendication, eux qui touchent à peine le SMIC et dont les conditions de travail se dégradent, Jean Charles Naouri, leur PDG de 73 ans, a décidé l’an dernier de doubler sa rémunération, passant de 400 000 euros par an à 825 000 euros. La raison ? Dans le super club du CAC 40, composé des plus gros profiteurs de crise que l’on puisse connaitre, avoir un salaire de 400 000 euros annuel le faisait passer pour « un petit joueur » et aurait pu impacter l’image de marque du groupe. Exemple significatif où la réflexion sur le partage des richesses est totalement inexistante chez cette petite caste de riches, alors que cette même richesse provient entièrement du labeur des milliers de caissières et de caissiers qui triment au travail pour des salaires de misère et qui risquent maintenant d’y rester jusqu’à 64 ans. Un égoïsme rarement égalé où les chefs s’auto complimentent et alimentent allégrement leur patrimoine sans une pensée pour la masse salariale smicarde aux prises avec l’inflation.
Il existe désormais une rupture sans précédent entre le pouvoir et le peuple. Assiégé de réformes antisociales toujours en faveur de la richesse, les usés crient leur colère, car ces écarts de richesses sont tout bonnement injustifiables. La lutte magistrale menée contre la réforme des retraites en est la preuve. Sans l’ouverture d’une séquence politique digne sur la question de la valeur réelle du travail, le néolibéralisme continuera de s’enfoncer, déclenchant une crise sociale et démocratique d’envergure. Les gens aspirent à la justice sociale, à pouvoir bien vivre de leur travail. Plus aucun ministre ne peut se balader en France sans être accueillis par des concerts de casserolades et des moqueries. Continuons ! La journée du 1er mai, symbole fort pour le camp des travailleurs, doit être un moment de déferlement massif partout en France. C’est par le nombre et notre courage à ne rien lâcher que nous atteindrons la victoire sur la réforme des retraites, et qu’enfin, nous pourrons ensuite mettre la question des salaires au cœur des débats. L’enrichissement spectaculaire d’une poignée face à la masse n’a plus sa place dans la société.
