Au Rojava comme en Palestine, au Venezuela, en République démocratique du Congo ou au Soudan, le droit international doit demeurer notre unique boussole.
Retrouvez l’intégralité de mon intervention lors de la plénière de l’OSCE à Vienne au sujet de la situation du peuple kurde en Syrie.
Monsieur le Président,
Collègues,
Les Kurdes sont en danger et le Monde entier pourrait l’être aussi.
Il y a 10 ans, des milliers de Kurdes tombaient dans la lutte contre Daesh.
Ils et elles se battaient aux côtés de leurs alliés occidentaux pour la liberté, la justice et la paix.
Dans la coalition à leurs côtés participaient 6 États membres de la présente assemblée : la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Canada, le Danemark, la Belgique.
Aujourd’hui, c’est nous qui les laissons tomber.
Jour après jour, le territoire autonome du Nord et de l’Est de la Syrie se rétrécit comme peau de chagrin.
Le chagrin de celles et ceux qui, au prix de leur vie, ont infligé à Daesh sa première grande défaite dans la région.
En janvier 2026, l’armée syrienne aux mains d’Ahmed al-Charaa a lancé une offensive contre les territoires sous contrôle kurde de Syrie :
- infligeant un siège aux quartiers kurdes d’Alep;
- coupant à des milliers de civils eau, nourriture et électricité;
- mettant au moins 170 000 personnes en fuite;
- commettant des exécutions sommaires et autres crimes de guerre documentés.
Des centaines de prisonniers djihadistes ont pris la fuite à la faveur des affrontements, notamment dans les prisons de Raqqa et le camp d’Al-Hol. Parmi eux, des européens de France, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Norvège, de Belgique et de Suède.
Les Kurdes ont été et restent nos meilleurs alliés contre le terrorisme de l’Etat Islamique dans la région d’Irak et de Syrie.
J’ai honte du silence européen et occidental face à l’offensive meurtrière contre le peuple kurde.
J’ai honte du silence européen face au soutien américain à Al-Charaa.
Au moment où nous nous parlons, la ville de Kobané, symbole de la résistance du peuple kurde, est assiégée à la fois par l’armée syrienne mais aussi par des milices turques.
Après avoir salué leur héroïsme, il est aujourd’hui de notre responsabilité politique d’être aux cotés du peuple kurde.
L’OSCE doit mettre sa diplomatie au service d’un processus de paix qui stabilise et rende véritablement effectif le cessez-le-feu.
Qui assure la garantie des droits du peuple kurde dans la nouvelle Constitution syrienne.
Depuis des années l’expérience démocratique du Rojava inspire des millions de personnes à travers le monde.
Le peuple kurde a droit à la liberté.
Le peuple kurde a droit à l’autodétermination.
Comme ledit Abdullah Ocalan, dont je demande la libération immédiate :
“Je crois au pouvoir de la politique et de la paix sociale, et non des armes.”
Au Rojava comme en Palestine, au Venezuela, en République démocratique du Congo ou au Soudan, le droit international doit demeurer notre unique boussole.
