L’OSCE doit soutenir Francesca Albanese
Monsieur le Président,
Collègues,
Nous voilà à nouveau réunis ici pour parler des accords d’Helsinki, de l’urgence à les préserver, à les faire vivre.
Mais comment ici parler de paix, d’inviolabilité des frontières, de droit international et de droits humains au moment où le projet d’éradication du peuple palestinien mené par Israël se poursuit ?
D‘abord à Gaza où le génocide continue.
Depuis le soi-disant « cessez-le-feu » déclaré à Gaza, il y a eu plus de 1000 violations par Israël et 601 Palestiniens dont au moins 100 enfants ont été assassinés à Gaza.
Chaque jour, l’enfer se déchaîne sur Gaza et ses habitants.
On parle – et c’est une fourchette basse – de plus de 75 000 Palestiniens assassinés dont 75% de femmes et d’enfants.
Écoutez ces mots insoutenables tirés d’un rapport des nations unies
« Les opérations militaires ont rongé tous les piliers de la survie.
Gaza a été plongée dans un abîme façonné par l’homme.
On peut sérieusement douter qu’elle puisse se reconstruire,
non seulement comme espace de vie, mais comme société. »
Et que dire de la Cisjordanie ?
Il y a deux jours, le ministre des Finances israélien appelait à “éliminer l’idée d’un État palestinien”, en déplaçant les Palestiniens de leurs terres, ainsi qu’à “revenir sur les accords d’Oslo”.
Il détaillait son programme “Colonisation 2030” : une nouvelle étape dans l’accélération déjà sans précédent de la colonisation illégale des terres de l’État de Palestine.
Le grignotage des terres palestiniennes a vu se multiplier par huit depuis 2023 les “avant-postes sauvages”, installations défendues par l’armée et destinées à devenir de véritables colonies au fur et à mesure des années.
L’année 2025 a marqué un nombre record de violences commises par les colons, avec 240 Palestiniens tués dont 55 enfants.
Le nombre d’Israéliens s’installant chaque année dans les colonies a été multiplié par trois depuis les années 1980.
Depuis les années 1970, l’Assemblée de l’ONU a déjà voté 11 résolutions condamnant la colonisation et les violences perpétrées contre les civils. En mars 2024, l’ONU reconnaissait l’évidence: il s’agit d’un crime de guerre.
Qu’attendons-nous pour exiger des sanctions économiques et diplomatiques européennes à l’encontre de l’État d’Israël ?
Notre assemblée doit, de manière claire, demander la suspension de l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne.
Une pétition citoyenne allant dans ce sens à déjà recueilli plus de 400 000 signatures.
L’intention d’éliminer l’État de Palestine et l’intégralité de son peuple est chaque jour plus manifeste.
Face aux puissants de ce monde qui rêvent de construire un nouveau modèle basé sur la loi du plus fort, nous devons plus que jamais défendre, sans aucune concession, le droit international, ses organisations et ses représentants.
Après le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, c’est désormais au tour de la rapporteure spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, d’être attaquée par un certains nombres d’état ici présents.
Des attaques basées sur une campagne de calomnie organisée par le gouvernement d’extrême droite israélien pour tenter de cacher ses crimes contre l’humanité.
Je veux dire ici tout mon soutien et ma reconnaissance à Francesca Albanese pour son engagement permanent au service du droit international.
Les principes d’Helsinki, égalité souveraine des États, inviolabilité des frontières, respect de l’intégrité territoriale des États, droit à l’autodétermination des peuples, ne peuvent être défendus que grâce à la diplomatie parlementaire.
Je formule la demande solennelle que notre organisation apporte, de manière publique et officielle, un soutien à Francesca Albanese, qui a été l’une des premières à porter au plus haut niveau la qualification de génocide et les nécessaires mandats d’arrêt de la CPI.

